Anonyme [1649], LA GVYENNE AVX PIEDS DV ROY, QVI SE PLAINT DE SES ENFANS, ET QVI DEMANDE A SA MAIESTÉ la continuation de la Paix interrompuë. Discours Moral & Politique, qui monstre l’obeyssance que l’on doit aux Roys, & l’obligation à quoy leurs Majestez sont engagées d’aimer, & de conseruer leurs Peuples, dont ils sont les Protecteurs, & les Peres. , françaisRéférence RIM : M0_1536. Cote locale : A_3_76.
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qui des tenebres fais naistre la lumiere, & qui
du desespoir tire de l’esperance, ouure les yeux de
ta pitié & misericorde, sur cette pauure & desolée
Prouince de Guyenne, & sur ses pauures enfans !
Me voicy deuant le Throne de ta Diuinité, prosternée
en terre, arrousée de mes larmes ; larmes qui me
seruent de paroles, paroles qui tesmoignent bien assez
suffisamment l’excez de mes douleurs, & de mes
cuisantes amertumes. O Dieu ! qui as de telle sorte
chery le Lys, qui est la liurée de la France, son
Symbole, & la gloire de ses Armes, que tu l’as fait
planter deuant ton Temple sur deux belles Colomnes,
& dedans ta saincte Maison en tant de lieux,
mesme en ton sacré Sanctuaire, pour auoir tousiours
cette Fleur presente deuant tes yeux, pour te seruir
comme d’vn parfum agreable, voulant predire à tout
le monde par ce moyen, combien les mœurs des
François, qui deuoient fonder cét Empire, combien
leur pieté, leur Religion, & leur valeur, seroit
de bonne odeur en ton sainct Tabernacle, c'est à dire,
en ton Eglise. Ne permets pas, Roy de gloire,
Grand Maistre des Batailles, Seigneur des Exercices,
que cette Fleur se fane, releue son lustre & sa
beauté, fais fleurir parmy les Gascons, mes enfans,
la Iustice & la Pieté, la Religion & l’Estat, la Foy,
la Charité & la Paix. Entreprens, & fais, s’il te plaist,
ce chef d’œuure du Ciel, tu le peux, si tu le veux,
tout t’est facile, ton Sceptre diuin sera le Caducée
qui conduira, induira, & reduira mes enfans à tes
sainctes volontez, & qui fera germer dans leurs ames,
les germes de la bonté.

 

O Dieu, assiste LOVIS XIV. leur Pere, leur
Roy, leur Pasteur, & mon Prince ; assiste-le, & luy
enuoye secours de ton Sainct lieu, afin que comme
Pere, il pacifie ses enfans ; comme Roy, il r’allie ses

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Anonyme [1649], LA GVYENNE AVX PIEDS DV ROY, QVI SE PLAINT DE SES ENFANS, ET QVI DEMANDE A SA MAIESTÉ la continuation de la Paix interrompuë. Discours Moral & Politique, qui monstre l’obeyssance que l’on doit aux Roys, & l’obligation à quoy leurs Majestez sont engagées d’aimer, & de conseruer leurs Peuples, dont ils sont les Protecteurs, & les Peres. , françaisRéférence RIM : M0_1536. Cote locale : A_3_76.