Fouquet de Croissy, Antoine [?] [1649], LE COVRRIER DV TEMPS APPORTANT CE QVI SE passe de plus secret en la Cour des Princes de l’Europe. , françaisRéférence RIM : M0_825. Cote locale : C_1_47.
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de ce Ministre, c’est que nous sçauons bien qu’il ne
luy a pas pleu de faire aggréer, les offres que Monsieur
le Prince a fait, de venir icy en personne pour terminer
nos differens, nous estions resolus de l’en faire iuge, &
de nous soumettre à tout ce qu’il ordonneroit.

 

De Bordeaux du 6. Aoust 1649.

Nous auons encore peine à croire la temeraire entreprise
du Cardinal Mazarin, d auoir fait interdire nostre
Parlement, apres l’exemple de ce qui s’est passé à Paris,
en vn temps auquel les peuples de cette Prouince auoient
receu beaucoup de soulagement de cette compagnie,
& en attendoient encore dauantage de la Iustice
de ses Senateurs qui font les principales familles de
cette ville & qui nous tiennent tous attachés à leurs interests,
ou par les alliances, que nos principaux Bourgeois
ont auec eux, ou par quelque autre dependance,
& enfin par tous les aduantages que chaque particulier
tiré de leur presence, & establissement en ce lieu. L’on
s’estonne de ce que pour faire reüssir le mariage d’vne
de ses Niepces auec le Duc de Candalles, il abandonne
à la passion de nostre Gouuerneur vne Prouince si considerable
à l’Estat, puisque mesme l’aduantage qu’il
pourroit obtenir par l’opression du Parlement seroit
preiudiciable au seruice du Roy, establissant trop le
pouuoir du Duc d’Espernon qui doit estre balancé par
l’authorité legitime de cette compagnie ; depuis la derniere
violence qu’il a exercée contre nos Magistrats par
laquelle il tascha d’oprimer en leurs personnes la Iustice,
& le peu qui reste de liberté au peuple, & estouffer



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