Pontac,? de [signé] [1650], LES REMONSTRANCES DV PARLEMENT DE BORDEAVX, FAITES AV ROY ET A LA REYNE REGENTE, SVIVANT LA COPPIE PRESENTEE au Parlement de Paris par Messieurs de Gourgue President, Monjon, Guyonnet & Voisin, Conseillers & Deputez du Parlement de Bordeaux, le 3. Septembre 1650. , françaisRéférence RIM : M0_3338. Cote locale : D_1_23.
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par escrit, dont nos Commissaires estoient chargez, ausquels
Vostre Majesté tesmoigna vouloir en adoucir les termes pour vne
preuue de vostre clemence, & de l’entiere iustification de nos deportemens :
mais en mesme temps vn coup fatal ruïna toutes nos ioyes,
& destruisit encores nos esperances, le Palais retentit dans le temps
de cette deliberation, des clameurs des Habitans qui accoururent
en foule, & se plaignirent que contre les termes de l’amnistie proposée
dans cét escrit, Richon natif de Bordeaux Gouuerneur du
Chasteau de Vayres, & liuré par la trahyson de ceux qu’il commandoit,
auoit esté pendu aux halles de Libourne & proche la maison où
Vostre Majesté a pris sa demeure trois iours apres sa capture, par
l’authorité & cõmandement absolu de M. le Card. & disoient qu’au
preiudice de cette amnistie, & contre les droits de la guerre, ils
commençoit de souffrir en la personne d’vn de leurs concitoyens,
au delà de ce qu’ils pouuoiẽt apprehẽder de la cruauté d’vn ennemy
plus barbare : que la premiere ville ou Vostre Majesté a fait du seiour
dans la Prouince, a esté celle là où ledit sieur Card. a fait esleuer
vne potance, que la premiere occasion a esté le premier suplice
exercé sur vn homme duquel le veritable crime estoit le lieu de sa
naissance, que les gibets ont esté les cruels & funestes auspices, auec
lesquels ledit sieur Card. a preparé l’entrée à Vostre Majesté dans
cette ville, ayant changé vos graces en suplices, & la confiance en
desespoir, & que cette action que la politique deuoit auoir pour le
moins arrestée, marquoit vne indignation implacable, & vn dessein
formé d’affermir son authorité sur nos ruines.

 

SIRE, on a acheué le bloccus de cette ville, depuis l’arriuée
de Vostre Majesté dans la Prouince ; on a attaqué nos dehors ; on
sollicite les villes du ressort, & les Prouinces voisines pour fournir
des hommes & des munitions de guerre, & toutes fois M. le Card.
publie qu’il a mené Vostre Majesté dans la Prouince auec vn esprit
de douceur, & pour donner la paix à ses peuples ; les frontieres sont
despouillées de leurs forces pour les faire venir contre ceste ville ; on
attend des troupes de la Cathalogne ; la Champagne, la Picardie
sont ouuertes à l’ennemy de l’Estat sans resistance, & sont deuenuës
des pays de conqueste pour l’Estranger ; vne armée Estrangere va
descendre dans la Normandie ; le Berry est abandonné à vne guerre



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