M. E. G. E. N. R. S. [1652], LA VERITÉ DV ROYALISTE PRESENTÉE AV ROY, PAR M. E. G. E. N. R. S. President. A SA MAIESTÉ. écoute Lecteur. , françaisRéférence RIM : M0_3992. Cote locale : B_17_24.
page précédent(e)

page suivant(e)

-- 11 --

desseins, ne craignant d’aduancer ses affaires au
desauantage de celle de vostre Maiesté ? Quiconque
veut tout ce qu’il peut, & qui peut plus
qu’on ne sçauroit croire, ainsi que le C. Mazarin,
veut asseurement plus qu’on ne sçauroit dire : &
comme son vouloir & son pouuoir sont également
infinis, n’est-il pas certain (quoy qu’il ne
commence rien qu’il ne finisse) que ses entreprises
sont tousiours infinies, & n’est il pas vray
que quoy qu’il fasse de grandes chose, il en medite
encore de plus grandes, esleuant tousiours
ses desirs jusques à l’infinité, qui est le seul centre
où ils se peuuent arrester en repos. Il n’y a
point de doute que le C. Mazarin, qui est extremement
ambitieux, n’aspire à quelque chose de
plus qu’à ce qu’il possede, parce que son auarice
ne se peut iamais assouuir, & que celuy qui songe
sans cesse à acquerir oublie aysement ce qu’il a
desia acquis. Il idolastre incessament le lustre de
quelque dignité plus eminente que la sienne, à
laquelle il sera paruenu, il iettera encores sa veuë
plus haut, & ainsi ira tousiours soupirant apres ce
qui sera audessus de luy. Ie ne veux pas pour ce
qui est des vertus, comparer le C. Maz. à Alexandre
le Grand, Mais pour ce qui est de l’ambition,
peste vomie par Lucifer, i’oseray bien dire
qu’il ne luy cede point. Lors qu’Alexandre eut


page précédent(e)

page suivant(e)