Anonyme [1652], L’ESPRIT DV FEV ROY LOVIS LE IVSTE A LA REYNE. Luy tesmoignant ses sensibles regrets sur le mauuais gouuernement de l’Estat. , françaisRéférence RIM : M0_1286. Cote locale : B_4_19.
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Romains ne les traittoient point auec tant de rigueur
que les Roys qui leur commandent à present,
& du moins ne les tenoient point sous l’indigne
dominatiõ des femmes & des enfans. Ceux
qui ont donné par les loix, dont ils furent les auteurs,
cette licence a de ieunes personnes, ne virent
pas que c’est au point du leuer du Soleil que les exhalaisons
& les vapeurs, d’où se forment les orages,
montent dans l’air pour retomber sur le midy,
& qu’vn mal-heur pareil arriue aux peuples
sous le regne de ces ieunes Princes, aux mains
desquels vn Sceptre est pesant, & qui ne connoissent
aucun des deuoirs d’vn Souuerain, pareils à ce
ieune temeraire qui voulut cõduire le char du Soleil,
& qui tombant bien-tost apres auec ce char
qu’il conduisoit, causa l’embrasement des plus
belles regions de l’Asie. Ie sçay bien que ie me
dois accuser le premier, d’auoir traité mes peuples
auec beaucoup de rigueur, mais c’estoit dans l’esperance
de les rendre plus heureux à la fin de mon
regne, & de reculer loin de leurs bords les frontieres
mon Empire, pour les sauuer des guerres estrãgeres
à l’auenir, comme ie croyois auoir osté toutes
les causes des intestines & des ciuiles. Que si cependant
ceux qui furent mes sujets en font encor
des plaintes à ma memoire aujoud’huy, iugez
qu’elle opinion on peut auoir du cours de vostre
Regence, & des années qui l’ont suiuie, voyant
que toutes les furies semblent deschainées parmi
la France, pour la remplir de meurtres, de confusion


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