Anonyme [1649], L’ESPAGNE DEMANDANT LA PAIX AVX PIEDS DE LA MAIESTÉ ROYALLE, ET DV PARLEMENT. , françaisRéférence RIM : M0_1275. Cote locale : A_3_34.
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faire la guerre, il n’y a point d’arts qu’elle n’inuente : il n’y a
point d’intelligence qu’elle ne trame, il n’y-a point de Partisans
qu’elle n’entretienne dans le cœur de cét Etat.

 

Le principal quelle y ait eu depuis quelques années a esté le
Cardinal Mazarin ; elle l’a poussé par vne adresse extreme iusques
pres du Trône de nostre Monarque, pour lui dõner ses coups de plus
pres : & de fait nous auons veu quelles sanglantes playes il a fait en
l’Etat de ce grand Prince ; & à quelle extremité de malheurs il nous
a portez. Nous nous sommes veus si proche de ruine par sa malice,
& tellement au bord de labysme, que si nous mesme ne nous fussions
retirez, nous estions dedans. C’est iusques là que nous auons enduré
les trahisons visibles de ce perfide, pour l’amour de nostre Monarque
tous nos maux ne nous ont peu emouuoir, nous auons
demeuré cõme insensibles à tant de martyres de crainte d’offencer
nostre prince : & malgré la barbarie de ce cruel & de cet infidele
Ministre, nous auons auec vne constance inebranlable souffert tous
ses coups horsmis le dernier.

Il est vrai que tous prets de le receuoir de sa main inhumaine le desir
naturel de nostre salut nous a reueillez. En ce rencõtre nous auõs
fait ce que la nature & la raison nous ont apris de faire. Nous nous
sommes armés pour la necessité do nous deffendre, & comme nous
auons veu à quel comble d’oprobre ce Tyran exposoit nostre Prince
legitime, nous nous sommes deffendus par la necessité de le secourir.

Ie ne di point quelle terrible s’est montrée nostre iuste deffence :
l’Espagne en a fremi iusques dans Madric. Comme elle a veu le nõbre
estonnant de nos trouppes animées, ne doutant plus de la perte
de son partisan, elle a mesmes tremblé de la sienne ; & pour detourner
cét orage qu’elle a eu peur qui fondoit sur elle, elle n’a point fait cõscience
de l’abandonner. Elle n’a plus pense à entretenir les correspondances
qu’il auoit auec elle, ces intelligences sont mortes auec
l’espoir de leur succés.

Ce ieune & cét Illustre Roy qu’elle gouuernoit par vn de ses Ministres
ne luy faisoit pas de peur. Les foudres de ses armes ne la pouuoient
effraier tant qu’elles ont esté conduittes par son malheureux
Partisan. La Majesté venerable à toute la terre ne lui dõnoit point de
respect tant qu’elle a esté flestrie par l’indigne gouuernement de son
pensionnaire orgueilleux. Mais aussitost que cette Maiesté & ses armes
Royales arrachées aux mains de cét infame, ont esté remises en



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